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Par Éric Whittom, B. Pharm. le 9 septembre 2014 pour L'actualité pharmaceutique via professionsante.ca

Certains cégeps démontrent de l'intérêt pour dispenser une formation en technique de pharmacie, soit un programme menant à une attestation d'études collégiales (AEC) ou à un diplôme d'études collégiales (DEC).

Toutefois, c'est le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science (MESRS) qui établit les programmes de DEC. Les cégeps peuvent développer des programmes d'AEC, mais ils doivent obtenir au préalable l'autorisation du MESRS avant de les offrir si un programme conduisant à un DEC n'existe pas dans le domaine de l'AEC. C'est le cas de la technique de pharmacie.

Intérêt marqué de Drummondville et Rivière-du-Loup

Le Cégep de Drummondville et le Cégep de Rivière-du-Loup ont déposé un dossier conjoint au MESRS à la fin 2013. « Il présente notamment certaines compétences fondamentales pour l'exercice de la profession de technicien en pharmacie et une analyse de la situation de travail », précise la directrice générale du Cégep de Drummondville, Brigitte Bourdages.

Le Cégep de Drummondville, qui travaille à ce projet depuis 2011, a rencontré l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) ainsi que l'Association des pharmaciens des établissements de santé (APES), l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) et l'Association des bannières et chaînes de pharmacies du Québec (ABCPQ) afin de faire état de ses démarches.

« Par ailleurs, nous avons obtenu l'appui de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, qui en a fait une priorité régionale », indique Brigitte Bourdages.

Ce projet s'inscrit dans la volonté du Cégep de Drummondville de développer davantage son pôle de formation portant sur la santé et les enjeux sociaux.

À Rivière-du-Loup, le cégep a déjà offert en 2004 un programme d'AEC en technique de pharmacie. Toutefois, il n'a pas obtenu la reconnaissance du ministère de l'Éducation (appellation à l'époque), parce qu'il n'existait pas de programme de DEC dans le domaine de la pharmacie.

« On s'est fait dire après coup [par le ministère de l'Éducation] de laisser tomber, parce que ça relevait de la formation professionnelle », explique René Gingras, directeur général du Cégep de Rivière-du-Loup. Ça fait onze ans que nous travaillons à ce dossier, notamment avec l'OPQ, pour offrir un programme de formation, menant à une AEC ou à un DEC. Nous pouvons dire que nous sommes des pionniers dans ce domaine. »

Ce cégep dispense en ligne des cours de perfectionnement pour les assistants techniques en pharmacie (ATP) en emploi sur la délégation de la vérification contenant-contenu (devraient s'ajouter prochainement des cours sur les préparations magistrales stériles).

Depuis ce mois-ci, il offre aussi du soutien aux étudiants francophones qui sont inscrits au Programme passerelle de formation de technicienne ou de technicien en pharmacie de l'Association nationale des organismes de réglementation de la pharmacie (ANORP), une formation que le Collège Selkirk de la Colombie-Britannique offre en ligne, en français et en anglais.

Une AEC le temps de développer un DEC

Pour répondre rapidement aux besoins du marché du travail, le Cégep de Drummondville et le Cégep de Rivière-du-Loup voudraient offrir un programme d'AEC d'une année le temps que le MESRS développe son programme de DEC et que les premiers étudiants au programme de DEC terminent leurs études d'une durée de trois ans.

« On pourrait prévoir une reconnaissance des acquis et des compétences pour les assistants techniques en pharmacie en emploi qui viennent chercher la formation qui leur manque [pour obtenir leur AEC], suggère la directrice générale du Cégep de Drummondville, Brigitte Bourdages. Ceux qui auraient suivi une formation générale par l'entremise d'un autre programme collégial pourraient même obtenir le DEC en technique de pharmacie. »

Dans l'éventualité où le MESRS déciderait d'aller de l'avant et de créer un DEC en technique de pharmacie, le Cégep de Drummondville souhaiterait être mandaté pour participer au développement du programme en collaboration avec le Cégep de Rivière-du-Loup. Ces deux cégeps veulent être les premiers à offrir cette formation dans le cadre d'un projet pilote.

Des discussions ont eu lieu avec les ministères concernés (MESRS et ministère de la Santé et des Services sociaux [MSSS]). « Nos travaux vont certainement contribuer à leur réflexion », croit Brigitte Bourdages.

D'autres cégeps intéressés

Du côté du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le Collège d'Alma souhaite offrir un DEC en technique de pharmacie. Il a obtenu l'assurance des trois autres cégeps de la région (Chicoutimi, Jonquière et Saint-Félicien) qu'il proposerait ce programme en exclusivité si le projet se concrétisait.

Pour sa part, le Collège Dawson, à Montréal, a mis sur la glace en 2009 son projet d'offrir une AEC intitulée Pharmacy Technical Assistance. Cette formation en langue anglaise visait à rehausser la formation des ATP en emploi ayant un DEP en assistance technique en pharmacie ou de l'expérience pertinente.

« Le ministère de l'Éducation [appellation à l'époque] nous avait dit que la responsabilité de déterminer s'il y a un besoin de formation collégiale en technique de pharmacie relève du MSSS », a indiqué à L'actualité pharmaceutique Madeleine Bazerghi, conseillère en éducation au Collège Dawson.

Cette dernière explique que le changement des tâches en pharmacie dans les établissements de santé pourrait se traduire par des demandes de hausses salariales au MSSS de la part des syndicats. Le MSSS se retrouverait alors avec des déboursés supplémentaires qu'il doit prendre en considération avant de donner son appui à une formation de niveau collégial.

Enfin, le Cégep de Baie-Comeau a rencontré le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science et ministre responsable de la région de la Côte-Nord, Yves Bolduc, lors de la visite de ce dernier à Baie-Comeau, le 29 mai, pour discuter de sa volonté d'offrir un DEC en pharmacie dans l'Est du Québec.

Ce cégep a obtenu des appuis du Comité régional sur les services pharmaceutiques (CRSP) de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord, de la Table d'éducation inter ordres de la Côte-Nord et d'Emploi Québec Côte-Nord.

Deux programmes distincts pour l'Ordre des pharmaciens et ses partenaires

L'OPQ a rencontré en juin les ministères concernés (MESRS, MSSS et ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport) pour leur présenter ses travaux sur la révision du rôle des ATP, notamment les standards de pratique et les profils de compétences.

Ces ministères avaient d'ailleurs envoyé des observateurs pour assister aux séances du groupe de travail de l'OPQ qui a élaboré les profils de compétences.

« L'OPQ et ses partenaires [Association québécoise des assistants techniques en pharmacie, ABCPQ, AQPP, APES et les deux facultés québécoises de pharmacie] souhaitent la co-existence de deux programmes distincts pour répondre à des besoins différents, à savoir la révision du programme actuel [DEP en assistance technique en pharmacie] et la création d'un programme d'études permettant un rehaussement des compétences des ATP », a déclaré l'OPQ dans sa publication L'interaction (édition de mars-avril 2014).

L'OPQ a précisé à L'actualité pharmaceutique qu'il s'en remettait aux ministères concernés pour déterminer le type de programmes requis afin de répondre aux besoins de main-d'œuvre en pharmacie et à ses profils de compétences.

Une étude en cours

Le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science (MESRS) a mandaté une firme de recherche pour réaliser une étude sectorielle sur les besoins de main-d'œuvre technique en pharmacie.

« Cette étude permettra, notamment, de décrire les facteurs de changement survenus et ceux à venir dans le domaine de la pharmacie et leurs impacts sur le rôle et les responsabilités du personnel affecté à l'assistance en pharmacie », a indiqué à L'actualité pharmaceutique Marie-Ève Dery, adjointe exécutive et chef d'équipe à la Direction des communications du MESRS.

« Cette étape importante est préalable à toute prise de décision concernant le développement d'un programme d'études [collégiales] », a-t-elle précisé.

La firme de recherche remettra son rapport au MESRS à l'hiver 2015.

N.D.L.R. : Cet article ne prétend pas présenter une liste exhaustive des cégeps désirant offrir une AEC ou un DEC en technique de pharmacie.

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